Au rayon cd

Notes personnelles

31 mars 2008

Crise du disque ?

La crise du disque est un serpent de mer qui ressort régulièrement depuis 40 ans, comme les grèves SNCF. Le disque n'est pas mort et la SNCF non plus, malheureusement (le malheureusement s'applique à la SNCF, bien sûr, tous les honnêtes citoyens avaient compris). C'est aussi la crise au PSG depuis 30 ans et il paraît en pleine forme, et insultant en plus (comme tout ce qui est en crise finalement).

Brassens parlait de crise du disque dans les années 70. La copie sur K7 vierges angoissait déjà les artistes et les maisons de disques.

On consacrait des dossiers de fond à la crise du disque dans la presse des années 80.

On a encore brandi le spectre du "danger" avec l'arrivée du CD-R dans les années 90.

La crise, s'il y en a une, est une crise de foie : on a trop engraissé ce milieu du disque avec tous les bénéfices tirés des ventes, des droits d'auteur, des concerts, des produits dérivés, que sais-je. Le business, jamais repu, a voulu augmenter ses profits dans la logique aliénante du "toujours plus" de la société de consommation (plus de salaire pour les salariés des majors, plus de train de vie de prince pour les "artistes", plus de budget promo pour plus informer le plus "grand public" de la sortie de son nouveau produit plus marketing), sauf dans la musique et le développement de vrais talents. Le plus est donc égal à un moins, et plus il y a de plus, plus il y a de moins.

Et la baisse du pouvoir d'achat du bon peuple depuis l'arrivée de l'euro ne facilite pas les affaires.   

Le danger, pour l'industrie du disque, c'est par exemple le "Dangerous" de M.Pokora qui nous vend donc, sans le moindre scrupule, ni plus ni moins qu'une sous-copie de Justin Timberlake. Acheter M.Pokora, c'est acheter un vêtement de contrefaçon, au même prix que l'original. Déjà le titre de l'album est tout un programme : MP3. Oui, le son qui, en l'occurence, abîme la musique.

La crise de foie vire à la crise d'identité mais pas à la crise de conscience visiblement.

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28 mars 2008

Jeu concours

De quel grand auteur du 20ème, 21ème et sans doute du 22ème siècle est inspirée la phrase suivante sortie de mon cerveau engourdi par tant de magnificence : « On s’était dit rendez-vous dans dix ans, même jour même heure (dimanche, 14H00, Vivement dimanche), même pomme (Drucker), on verra quand on aura trente ans (de plus) sur les marches de la place Patrick Bruel ». Hé merde, la réponse est dans la question. Bon, tant pis. Les 10 premiers à m'envoyer la bonne réponse par mail remportent le nouvel album de TOILHEROÏNE (mon groupe) : Bain de minuit au paradis.

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26 mars 2008

Compilations années 80

Pourquoi nous impose-t-on sempiternellement un Rubik's cube pour incarner la quintessence des années 80 à chaque fois que sort une compilation de cette époque ? Et quel rapport avec la musique ? Au moins, pour les compil' des années 50, on a souvent droit sur la pochette au mythique micro Shure 55sh-II, un magnifique Juke-Box en bois orne la plupart des compilations des tubes des années 60, et des vans de hippies illustrent beaucoup de CD évoquant les années 70. Bref, il y a toujours un lien évident avec la musique, avec un symbole fort, politique ou social, des périodes concernées. 

Alors pourquoi toujours réduire les années 80 à une imagerie kitch et laide ? A quelque chose de "superficiel et léger", pour citer Michel Berger. Comment, après tout ça, défendre la crédibilité de la musique de cette décennie maudite à cause des soixante-huitards aujourd'hui à la tête des médias et des multinationales du disque et qui ont toujours vomi cette période, n'y retrouvant pas le génie et la grandeur des artistes "sérieux" de leurs vertes années (Led Zep', Who, Hendrix, etc.) dont ils ont la nostalgie. Du coup, ces types là ont décrété que la musique des années 80 était la musique de la honte, un truc pas sérieux, un bibelot artificiel, un Rubik's cube. Et oui, si on ne fait pas attention, les raccourcis sont rapides dans les esprits idiots ou mal intentionnés. Pourtant, en y réfléchissant un peu, il pouvait y avoir d'autres choses tout aussi représentatives des années 80 qu'un Rubik's cube : un CD, un magnetoscope (pour évoquer l'âge d'or des clips), un walk-man, une fusée, un mur de Berlin en ruine, etc...

Mais non, musicalement, les années 80 dégagent autant de saveur qu'une partie de Rubik's cube, un truc "sympa" mais pas bien "sérieux", si l'on en croit les rayons des supermarchés.

Dans ce cas, ils pouvaient encore trouver plus con : la culotte de Madonna par exemple.

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24 mars 2008

Les Fatals bazookas Picards

Je n'ai jamais apprécié le rock dit "festif" soit disant rigolo très en vague en France. Et d'ailleurs, le rock d'ici est malheureusement souvent amalgamé à des rigolos de deuxième zone qui se reproduisent comme des parasites. Ils sont très faciles à identifier : les noms des groupes sont pourris et leurs looks repoussent toujours les limites de la laideur (et déjà ça, c'est pas drôle). Ainsi, je n'ai jamais été client des VRP (trop inquiétants), de Marcel et son orchestre (trop craignos), de Tryo (trop "djeuns trop cools"), de Didier Super (trop bricolo-amateur), etc.

Par contre, il y en a un qui m'a mis parterre, c'est Les Fatals Picards. Au début, le nom du groupe me faisait légitimement peur mais ces mecs là sont capables de faire pleurer de rire en concert avec leur death-metal acoustique, leur esprit punk/rock tranchant, leurs parodies meilleures que Bashung imitant les Inconnus sur L'Imprudence. Ces types ont la grâce, ceux qui les ont vu en concert savent de quoi je parle. Et ils savent écrire, avec un regard sur la société qui fait mouche, loin des clichés rigolards de rigueur dans le genre, et tout le monde (mais vraiment tout le monde) en prend pour son grade avec talent, des joueurs de Djembé aux enfants, en passant par les profs, les gothiques, les rappeurs, les chasseurs, les Bernard Lavilliers, etc. On a l'impression que les Fatals Picards peuvent aborder tous les sujets, et déjà ça c'est beaucoup plus rigolo que le reste. Et osé.

Ce groupe phénomène a créé le buzz sur youtube avec l'une des "pistes mal cachées" de leur avant-dernier album : "La ferme". Cette "chanson enfantine insupportable de plus de huit minutes" comme la qualifie Ivan Callot, ex-chanteur des Fatals Picards (il a quitté la formation en décembre) a été découverte par près d'un million d'internautes. Je propose de contribuer à prolonger le buzz en mettant le lien vers cet ovni irrésistible :

http://fr.youtube.com/watch?v=yJfh59iEscg

    

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22 mars 2008

Il y a trop de gens qui t'aiment

"Si, demain, je ne plais plus aux gens, je préfère me retirer plutôt que faire de la merde", déclare Hélène Segara, la Evelyne Thomas de la chanson, dans le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France le 26 avril 2007. Tant que des « artistes » de ce genre continueront à assimiler/confondre/associer quantité et qualité, il ne faudra pas s'étonner de l'état dans lequel se trouve l'industrie du disque et des mentalités qui la gouvernent.

Tout comme le regretté Léo Ferré, saluons, en hommage à Hélène Ségara, les artistes qui resteront pour leur oeuvre merdique, tant ils ne plaisaient pas aux "gens" : Mozart (« Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes »), Bartok (« Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok »), Rutebeuf (« Rutebeuf avait faim »), François Villon (« Villon volait pour manger »)*. Ajoutons que Van Gogh n’a vendu qu’une seule toile de son vivant. Et tant d’autres, on ne peut citer ici tous les nuls qui ne plaisent ou ne plaisaient pas aux gens. Ce que ne sait pas Hélène Ségara, c’est qu’elle fait de la merde depuis le début. Alors aujourd'hui, elle raisonne comme une people-philosophe, légitimée par les mangeurs de merde lucrative qui l'ont faite "Hélène Ségara".

* Extraits de Préface, de Léo Ferré.

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21 mars 2008

Sa grande entreprise

Bashung sort un nouvel album : Bleu pétrole. On apprenait dans le Libération d'hier que Gaëtan Roussel (chanteur-parolier majestueux de Louise Attaque) a écrit la grande majorité des textes. Il a aussi composé quelques morceaux. Le reste a échu à Gérard Manset. Ouf, Bashung n'a pas envisagé son projet sous la férule du dieu marketing, est resté insensible aux sirènes crasses du show-biz et n'a donc fait appel ni à De Palmas (pas de "Vertige de l'amour sur la route"), ni à Raphaël (pas de "Je sais que ma pizza est plate"), ni à Mickaël Furnon (pas de "La nuit je mens ça m'étonne pas"), ni à Jean-Jacques Goldman (pas de "Elle a fait un bébé toute seule, madame rêve"), ni même à Jean Fauque, son parolier régulier qui a massacré l'avant-dernier album, L'Imprudence, avec une prose plus proche de celle des Inconnus que de Léo Ferré :

Tel Attila
Tel Othello
Tu te noircis
Dans quoi tu te mires
Dans quel étang

Mort de rire (lol, etc.), à chaque fois que j'entends ça (jamais heureusement) je vois Didier Bourdon avec une perruque sur la tête.

Le nouveau Bashung s'annonce donc très bien, il ne pourra de toute façon pas être pire que le souffreteux L'Imprudence.

Un regret cependant : quand son puissant Tandoori est sorti en janvier 2007, Romain Humeau (chanteur-auteur-compositeur-guitariste d'Eiffel) annonçait dans la presse qu'il avait enregistré des musiques pour le prochain Bashung mais qu'il ne savait pas dans quelles proportions son travail serait gardé. Au vu des premiers éléments d'information, on peut penser que Bashung n'a rien gardé des créations de l'excellent Romain Humeau. Dommage. Eiffel et Louise Attaque (la quintessence du rock français) aux manettes d'un album de Bashung : une idée du bonheur.

Allez, pour s'en remettre, la magnifique "Qu'ai-je donc à donner", extraite du dernier Eiffel :

http://fr.youtube.com/watch?v=vVU-K3PnUb4&feature=related

   

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19 mars 2008

Je sais que l'album est plat

Maintenant, je peux dire que l'impression plus que mitigée sur le single "Le vent d'hiver" est confirmée par une écoute attentive en magasin de l'album "Je sais que la terre est plate". ça ne reste qu'une impression au bout d'une seule écoute, sur une borne qui plus est, mais je n'ai entendu aucune fulgurance, rien de marquant, les paroles ne m'ont pas paru particulièrement inspirées, j'ai trouvé qu'il y avait plein de fausses bonnes idées. Et quand il essaie de chanter comme Christophe, ça ne fonctionne pas. Alors bon, il y a quand-même la voix très profonde de Frederick "Toots" Hibbert sur "Adieu Tahiti", le grand moment de l'album. Et le final, magnifique opéra baroque. Raphaël aurait peut-être dû prendre un peu plus de recul, prendre son temps après l'agitation de la période Caravane. Peut-être que personne autour de lui n'a osé le contredire, tout auréolé de son succès et de son statut de nouvelle star. Peut-être que son contrat avec la maison de disques lui imposait de sortir un disque maintenant. Etonnant en tout cas le contraste entre la force vertigineuse ressentie immédiatement à l'écoute de ses précédents enregistrements et ce "Je sais que la terre est plate". Est-ce un album qu'il fallait sortir si vite ? Après tout Miossec avait bien jeté l'un de ses albums à la poubelle (dans un éclair de lucidité ?) avant de tout reprendre à zéro et de sortir "Brûle".

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18 mars 2008

A plus tard Louise Attaque

J’aimais bien « J’t’emmène au vent » mais, comme tout le monde, je l’ai trop entendue. Et j’adorais ces petites pièces d’orfèvrerie hantées par les failles insondable de la conscience que sont « Léa » et « Ton invitation », toujours sur le premier album.

Le deuxième album est passé inaperçu et pourtant, il révèle une beauté éclatante sous son lustre noir de solitude privée. Et le chef d’œuvre A plus tard crocodile est arrivé. Louise Attaque est le meilleur groupe de rock français, n’en déplaise à Rock&Folk qui dit qu’on ne peut pas appeler ça du rock et qui met les Plastiscines en couverture.

Depuis Melody Nelson, il n’y a pas eu d’aussi beau concept-album.   

J’aime quand l’intelligence m’écrase, mais sans m’humilier, et c’est ce que je ressens quand j’écoute A plus tard crocodile. J’aime quand la beauté m’impressionne, sans pouvoir la toucher. Et de bout en bout, de la première à la dernière seconde, ce disque (double-album) m’écrase et m’impressionne. Le chanteur joue avec la perception agacée que certains peuvent avoir à l’évocation de sa voix, montre qu’il en a conscience, et crucifie dans une grâce infinie tous les préjugés possibles. Ses textes déterrent la poésie des sens et de l’imagination. La subtilité d’un tel être humain ne mérite aucune décoration, aucun honneur, ce serait la salir, la charger de tout un poids folklorique nourri de capitulations artistiques.

Cet album dépasse le cadre de la musique, son écoute est un rêve éveillé sur les cendres des agences de voyages, un souvenir impénétrable en devenir, et tant d’autres choses.

Un planétarium sans toit, au milieu d’un atoll silencieux, paroi de l’univers frappée par des flots intérieurs, et nous, assis, à l’écoute de tout, percés de bonheur.

Il paraît que le groupe s’est à nouveau séparé pendant la préparation de la suite. J’imagine pour eux le calvaire : que faire après ça ? Eux au moins ne font pas semblant que tout se passe bien pendant la conception d’un album pour sortir un truc mauvais. Eux prennent leur temps, sortent du temps même, et retrempent à chaque fois les yeux dans l’immobilité du large, comme le destin regarde sa proie.    

Quelqu'un ici
a-t-il vu nos sourires?
sont-ils à terre, en verre
sont-ils en cire?
le monde devait de tous se souvenir
 

                (extrait de « Nos sourires », sur A plus tard crocodile)

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17 mars 2008

Je sais que le single est plat

Aujourd'hui sort le nouvel album de Raphaël : "Je sais que la terre est plate". Ce qui est plat, en l'occurence, c'est bien le premier single extrait de l'album, "Le vent d'hiver', qui sonne à mon humble avis comme une face B de Caravane. J'espère qu'il n'a pas ressorti tous ses fonds de tiroirs pour ce nouvel album. Si la terre était plate, Raphaël ne serait pas revenu au bout d'un an et demi nous proposer de nouvelles chansons, il serait en train de s'éloigner toujours un peu plus de nous (en vacances par exemple) après sa tournée triomphale de 2006. Mais il faut croire que les chanteurs ont peur que le public les oublie et se démènent pour revenir dans la lumière des supermarchés, addicts à l'ivresse du succès.

Même la pochette de l'album est plate. J'espère pour lui qu'il ne s'est pas mis à l'eau plate, l'alcool lui réussissait bien sur ses précédents albums. Il ne me reste plus qu'à écouter ce nouvel enregistrement dans son intégralité.

Un autre qui sort des albums poussé par tous les vents, c'est Murat. Monsieur M (du titre que Carla Bruni devait consacrer à l'auvergnat sur son deuxième album) revient avec le disque Tristan. On imagine bien avec lui que ça ne pouvait pas s'appeler Contan. La dernière grande chanson de Murat qui m'a procuré des frissons se trouvait sur Charles et Léo : le morceau "Bien loin d'ici". Avec ce texte de Baudelaire, on est bien loin du "Vent d'hiver". Alors oui, avant, la terre était plate.

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14 mars 2008

Luc Besson

Pourquoi un type comme Luc Besson, qui prétend qu’il ne fera pas plus de 10 films dans sa vie, n’a-t-il pas fait d’émules dans la musique ? Imaginez un Bruel déclarer : « Je ne ferai pas plus de 10 chansons  ». Classe non ? Et s’il pouvait ajouter : « et je ne les sortirai jamais », on se met à rêver. Mais c’est trop tard.

En tout cas, la filmographie de Luc Besson est inspirante, beaucoup de parallèles avec la chanson française me viennent à l’esprit à l’évocation de son œuvre :

Le dernier con bas : là, on parle soit du rocker frappeur de singes, Joey Starr, soit du grand frère de Patrick Bruel, Francis Lalanne, autre romantique au sens littèraire du XIXème siècle, l’homme qui me fait vomir plus vite que mon ombre. NTM se reforme pour la beauté de l’Art, le dernier con bas est donc Francis Lalanne.

Le grand bleu : Grand corps malade

Nikita : Zazie, toujours là quand on l’appelle. Toujours prête à dézinguer pour protéger des intérêts supérieurs.

Léon : CharlElie Couture, un killer avec un cœur (oh punaise, on dirait du Zazie).

Jeanne d’Arc : Jeanne Cherhal, pour bouter hors de la musique médiévale de la nouvelle chanson française les influences anglo-saxonnes honteuses.

Le 5ème élément : Si les quatre premiers sont Ferré, Brel, Brassens et Gainsbourg, alors le cinquième élément est Sheller.

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