21 avril 2008
FALCO
Cette année, cela fait dix ans que le génial chanteur autrichien Falco est mort, en République Dominicaine, dans un accident de la route mystérieux (suicide ? alcool ? drogue ? négligence ? excès de vitesse du bus qui l’a percuté ?). On ne connaîtra probablement jamais la vérité.
Pour les français, grâce à la sacro-sainte exception culturelle et aux quotas radios qui nous coupent davantage des chansons géniales en provenance de nos voisins directs (si si, nous partageons une frontière commune avec l’Allemagne, peu de gens le savent mais c’est pourtant la vérité) qu’ils ne rendent service à nos oreilles (et à nos cerveaux par la même occasion), Falco reste le lointain chanteur des années 80 auteur de « Der Kommissar » et « Jeanny », et c’est tout. Comme Duran Duran est le groupe de garçons coiffeurs des années 80 qui a chanté « The reflex », et c’est tout. Voilà où nous en sommes dans le pays qui donne des leçons de liberté d’expression et de droits de l’homme (et du citoyen) et de goût surtout à la planète entière, sur le ton du cynisme le plus suffisant (culture Canal +).
Je dois admettre que ma découverte approfondie de l’œuvre de Falco est née de la diffusion d’un documentaire que Arte lui a consacré quelques jours seulement après sa mort. Le mot est galvaudé, mais cet artiste était un génie (deux mots galvaudés donc finalement). Il ne s’est pas contenté d’être le premier rappeur blanc (alors que Lalanne est le dernier des derniers) à cartonner aux Etats-Unis (« Rock me Amadeus » s’est classé N°1 au Billboard en mars 1986, et l’album Falco 3 a atteint la troisième position, tout cela dans la langue de Goethe), bien avant Eminem, mais il a surtout insufflé dans le genre une puissance de feu rock, new wave, pop, electro restée inégalée depuis.
Sa musique était réellement démoniaque, d’une modernité absolue, incroyablement produite, et le charisme de Falco écrasait tout sur son passage. Il a sorti 8 albums studio (le dernier, « Out of the dark », à titre posthume). Un CD regroupant les chansons qu’il avaient écartées porte le titre « Verdammt, wir leben noch ! ». Je connais beaucoup de chanteurs français qui aimeraient avoir des fonds de tiroir pareils, eux qui nous agressent en permanence avec les double-fonds de tiroir de leur musique Ikéa. La vie du génie autrichien vient d’être portée à l’écran, avec Grace Jones dans le casting. Rassurez-vous, on est en France, pays des lumières faiblardes, on n’est pas prêt de le voir. En tout cas, la bande-annonce donne un aperçu fidèle de l’œuvre, j’ai hâte de m’exiler pour aller découvrir cette fiction prometteuse consacrée à un pan exceptionnel de la musique mondiale : http://stereogum.com/archives/video/falco-the-movie-finally_007910.html
Commentaires
Nostalgie
J'aimais beaucoup Falco, malheureusement il n'a pas eu beaucoup de succès en France. A l'époque l'allemand n'était pas à la mode, seuls lui et Nena avaient réussi à avoir un hit (il n'y avait pas Tokyo Hotel, et Alphaville chantait en anglais), mais il leur était difficile d'avoir du succès sur la durée. Même "Rock Me Amadeus" était quasiment passé inapercu. J'avais la K7 à l'époque, mais je l'ai perdue. Je vais rechercher ces vieux albums sur les blogs des années 80, tu m'as donné envie de réécouter tout ça.
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