11 mai 2008
Le blues des fans de Johnny
Depuis quelques jours, un fait troublant m’est apparu : alors que je prenais une bière sur une terrasse, un fan de Johnny (trop facile à reconnaître les fans de Johnny, ils portent tous un tee-shirt Johnny) est arrivé sur sa moto (pas une Harley), est descendu prendre un paquet de cigarettes, et est reparti, le regard bleu acier fendant le ciel azuré. Bien sûr, il avait l’air harassé et tirait la gueule comme si un paparazzi traînait dans les parages, comme tous les fans de Johnny. Bon. Hier, je promène ma petite famille dans un parc, et que vois-je : le même fan de Johnny ! Non, en fait c’était un autre mais ils se ressemblent tous parce qu’ils ont le même tee-shirt Johnny.
Et là, une évidence troublante m’est apparue, après avoir croisé ce transfert à l’effigie de Johnny : le type portait un tee-shirt datant des années 70 (période "Ma gueule"), comme celui croisé quelques jours plus tôt. Voilà donc les premiers signes significatifs de la baisse de pouvoir d’achat sur la population : les fans de Johnny n’ont plus les moyens de s’acheter des nouveaux tee-shirts Johnny. Le président du pouvoir d’achat ne doit pas oublier que Johnny est son ami, et que par conséquent les fans de Johnny sont aussi ses amis. Il cherche la bagarre ou quoi ? Imagine-t-on porter, dans les rangs des militants de l’UMP, des tee-shirts à l’effigie de Sarkozy datant des années 70 ? Impossible, il était trop petit (arf arf). Hé bien il serait temps qu’ils se rendent compte enfin des dégâts de la situation, concrètement, au-delà des effets de manchette médiatiques.
Si les fans de Johnny sont les premières victimes de cette baisse significative du pouvoir d’achat, les fans de Tokio Hotel doivent comprendre qu’ils ne sont pas à l’abri (en même temps, eux n’ont pas d’autre choix que de porter des tee-shirts récents mais gare à la prochaine récession).
