Au rayon cd

Notes personnelles

27 mai 2008

TNT (Horror) Show

Hier soir je suis tombé dans la quatrième dimension, et je sais comment on y accède : j'ai regardé le TNT Show sur Direct 8 (la chaîne qui ne diffuse que des programmes 3 étoiles si l'on en croit le "journal" Direct Soir détenu par les mêmes financeurs) et mes sens ont basculé dans le vide (c'est le cas de le dire).

J'ai vu une animatrice formée à l'école Séverine Ferrer poser des "questions" gentilles, j'ai vu Steeve Estatof, le Kurt Cobain français (comprendre un Kurt resté en phase de développement in utero), on a appris qu'il a enregistré son album "aux States" (ben oui, il est impossible d'enregistrer une daube pareille en France, on n'a pas les ingénieurs ni les musiciens pour) avec le batteur de Ben Harper (entre autres intervenants "prestigieux" censés apporter à l'évocation de leur nom un label de qualité indiscutable à l'objet, argument marketing imparable). Il a interprété sa chanson pourrie avec un porte-voix (quel rebelle ce Steeve Estatof, on se serait cru en plein Mai 68, frissons !), le public a applaudi, l'animatrice a crié au génie, même le manager du chanteur n'aurait pas osé.

Ensuite nous avons eu droit à la nouvelle sensation féminine française, encore plus mieux que les autres chanteuses françaises (comprendre encore plus insipide, inodore et incolore), encore plus sensible (comprendre encore plus prise de tête et dénuée de toute forme d'humour), encore plus émotionnellement bouleversifiante (comprendre plus maniérée), encore plus pure (elle reprend le Hallelujah de Léonard Cohen croyant que c'est Manoukian qui a composé cette chanson pour Jeff Buckley), encore plus rock (elle reprend Hallelujah juste avec une guitare sèche, bon, "juste le début seulement" mais avec une guitare sèche quand-même), etc. Ceux qui l'ont vu chez Fogiel savent de quoi je parle, elle s'appelle Gaëtane Abrial, elle a le vibrato facile, elle est la nouvelle pouliche de Manoukian, c'est dire si elle a du talent. 

Enfin bon, j'ai quand-même appris que Ben Harper avait un batteur et que pour arrondir ses fins de mois il avait besoin de jouer avec un français qui se prend pour la réincarnation de Michel Polnareff et le cousin de Kurt Cobain. C'est ça aussi la crise du disque.

Posté par batailleseb à 10:35 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mai 2008

Image d'un suicide commercial

Alors que le New Musical Express organise sur son site Internet un vote pour célébrer les pochettes les plus laides de l'histoire du disque, le visuel du premier album du groupe Images se matérialise instantanément dans mon esprit, réveillant ma mémoire éteinte de ce côté-ci de l'innommable.

Voici l'oeuvre en question, qui pourrait facilement jouer les premières places du concours NME, mais qui a surtout contribué au déclin immédiat du groupe, dont les premiers singles étaient pourtant bien foutus (en regardant bien attentivement l'image, on se dit que la laideur est sans limite, comment est-ce possible ?).

pochetteImages

Posté par batailleseb à 21:51 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mai 2008

Faites du bruit !

Les albums de musique noisy ("bruitiste") ne seraient-ils pas autre chose que des albums au mixage "raté", par rapport aux codes de production lisses et formatés, sans âme ? La vie peut être "mixée" différemment du comportement imposé par la pub et les séries télé, sans pour autant être "ratée" non ? Vive la noisy life !

Posté par batailleseb à 12:35 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2008

Mendelson

Comme tout le monde, ou plutôt comme tous ceux qui connaissent, j'ai découvert le groupe Mendelson sur une compilation des Inrockuptibles en 1997, sur laquelle figurait leur monument "Je ne veux pas mourir" qui, en plus de mettre le cafard à l'auditeur, mettait une trempe à tous les autres groupes du CD. C'est d'ailleurs la seule fois où j'ai trouvé un truc bien sur ce genre de compilation fourre-tout.

Aujourd'hui, Mendelson n'a plus de maison de disque mais est encensé par la critique, paradoxe de notre époque. Et quand je dis encensé, c'est hallucinant, c'est genre "meilleur groupe français depuis trois albums" pour Magic par exemple, ou encore les quatre ƒƒƒƒ de TELERAMA (sur un autoproduit, ça relève de l'exploit).

J'ai trouvé encore une chanson du groupe qui m'a rappelée "Je ne veux pas mourir" sur leur myspace : "Par chez nous", qui dégage un peu la même force puissante et trouble que le film Délivrance. Les sauvages n'habitent plus en forêt amazonienne depuis bien longtemps, la civilisation n'existe pas. Ecoutez comme ça met le cafard, un cafard fascinant, non pas lié à l'angoisse d'une métamorphose toute kafkaïenne mais au sentiment de décalage entre sa condition humaine et une normalité extérieure monstrueuse toute kafkaïenne, le truc obsédant qui n'est pas près de quitter votre esprit une fois que vous l'avez entendu.

Alors après un saut sur leur site officiel, j'ai franchi le pas, j'ai acheté le double-album autoproduit refusé par toutes les maisons de disques et tous les distributeurs pendant deux ans (seul Ici d'Ailleurs, devant le buzz médiatique du groupe depuis la vente de l'album par correspondance via le site officiel, s'est décidé à prendre en charge une distribution dans les bacs depuis janvier).

Depuis 5 jours, je suis dans l'expectative (en espérant que ça ne va pas durer trop longtemps). Parfois on a l'impression d'entendre du Murat première période (avant Cheyenne Autumn) en roue libre, parfois du Murat live période Muragostang, et parfois, aussi, on a l'impression d'avoir affaire à une force maléfique venue d'ailleurs : je ne me force pas à aimer ce disque mais lui, par contre, me force à l'aimer (il se met en route tout seul dans la platine, je n'y comprends rien). Et il y a des vibrations qui me parviennent au bout de 20 écoutes, quand j'entends "Le sens commun" (pas celui de Debussy : "Le sens commun est une religion inventée par le plus grand nombre pour excuser les imbéciles d'être trop nombreux"), non, celui de Mendelson, qui excuse aussi les aliénés restés à la porte des aliénés du sens commun. L'enfer, c'est le poids des autres, des souvenirs, des choses qui ne brillent pas sous le soleil. C'est en tout cas ce que le double album Personne ne le fera pour nous parvient à évoquer. 

Alors beaucoup de journalistes ont osé parler de chef-d'oeuvre pour définir l'objet. Dans l'une des chansons ("J'aime pas les gens"), Pascal Bouaziz, tête pensante et agissante de Mendelson, dit qu'il n'aime pas les journalistes.

Je ne sais pas si c'est un chef-d'oeuvre mais des chansons comme "Sans moi" et "Le sens commun" approchent le chef-d'oeuvre. "Je ne veux pas mourir" et "Par chez nous" sont des perles, "Le château" de Kafka est un chef-d'oeuvre. 

Mendelson a un défaut : il attire tous les intellos de « bon goût » comme des mouches à merde, ce qui plombe tout l’humour dont le groupe est capable (c'est pas facile de rire dans une chapelle, et encore moins dans une cathédrale). Bernard Lenoir a dit que Personne ne le fera pour nous était le meilleur album de l'année, et ça n’a pas réussi à me dégoûter totalement de l’album, c’est dire s’il est maléfique.

Posté par batailleseb à 11:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2008

Fabuleusement décalée ?

Voici une nouvelle chronique consacrée à l'album "Bain de minuit au paradis", le deuxième de mon groupe TOILHEROÏNE, disponible à la FNAC de Lille et de Reims cette semaine :

http://www.zicazic.com/zicazine/index.php?option=content&task=view&id=5362&Itemid=62

Posté par batailleseb à 22:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mai 2008

Au théâtre ce soir

Comme un vieux con, j’ai été voir le film de Scorsese sur les Rolling Stones, Shine a light. Huit euros pour voir un concert filmé et étrange des papys du rock : le parterre des spectateurs du Beacon Theatre de New York est composé de jeunes filles, comme à un concert de Raphaël, le son est horriblement fort et Mick Jagger ne chante aucune ballade, aucun morceau lent.

Depuis combien de temps les Rolling Stones n’ont-ils plus mis les pieds dans une salle de cinéma ? Pourquoi avoir choisi une option rythmique dynamique de bout en bout comme s’il y avait une volonté de voir les foules se lever dans les salles de cinéma ? Et pourquoi cette désagréable impression de voir Mick Jagger se tortiller comme dans les années 60 uniquement pour tenir éveillés les spectateurs ? Résultat, ce choix produit l’effet inverse, rendant l’ensemble assommant. Le morceau de blues avec Buddy Guy vaut à lui seul le déplacement mais pourquoi ne pas avoir glissé un petit « Fool to cry » ? L’exercice du concert filmé devait imposer l’intrusion de perles noires du répertoire pour révéler la face sombre du groupe. Seize caméras sur un drame c’est plus émouvant que n’importe quelle « Satisfaction ». Espérons qu’ils s’en rendront compte pour nous fournir une suite : Shine a dark.   

Scorsese aurait mieux fait de filmer les vacances de Keith Richards à l’ombre des cocotiers, le résultat eût été peut-être plus intéressant.

Posté par batailleseb à 09:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mai 2008

Le blues des fans de Johnny

Depuis quelques jours, un fait troublant m’est apparu : alors que je prenais une bière sur une terrasse, un fan de Johnny (trop facile à reconnaître les fans de Johnny, ils portent tous un tee-shirt Johnny) est arrivé sur sa moto (pas une Harley), est descendu prendre un paquet de cigarettes, et est reparti, le regard bleu acier fendant le ciel azuré. Bien sûr, il avait l’air harassé et tirait la gueule comme si un paparazzi traînait dans les parages, comme tous les fans de Johnny. Bon. Hier, je promène ma petite famille dans un parc, et que vois-je : le même fan de Johnny ! Non, en fait c’était un autre mais ils se ressemblent tous parce qu’ils ont le même tee-shirt Johnny.

Et là, une évidence troublante m’est apparue, après avoir croisé ce transfert à l’effigie de Johnny : le type portait un tee-shirt datant des années 70 (période "Ma gueule"), comme celui croisé quelques jours plus tôt. Voilà donc les premiers signes significatifs de la baisse de pouvoir d’achat sur la population : les fans de Johnny n’ont plus les moyens de s’acheter des nouveaux tee-shirts Johnny. Le président du pouvoir d’achat ne doit pas oublier que Johnny est son ami, et que par conséquent les fans de Johnny sont aussi ses amis. Il cherche la bagarre ou quoi ? Imagine-t-on porter, dans les rangs des militants de l’UMP, des tee-shirts à l’effigie de Sarkozy datant des années 70 ? Impossible, il était trop petit (arf arf). Hé bien il serait temps qu’ils se rendent compte enfin des dégâts de la situation, concrètement, au-delà des effets de manchette médiatiques.

Si les fans de Johnny sont les premières victimes de cette baisse significative du pouvoir d’achat, les fans de Tokio Hotel doivent comprendre qu’ils ne sont pas à l’abri (en même temps, eux n’ont pas d’autre choix que de porter des tee-shirts récents mais gare à la prochaine récession).    

Posté par batailleseb à 10:51 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 mai 2008

Trainspotting ?

Voici la première chronique qui est tombée sur l'album "Bain de minuit au paradis". Âmes sensibles s'abstenir :

http://www.lillelanuit.com/fiche_chronique/Bain_de_minuit_au_paradis-233.html

Posté par batailleseb à 11:37 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Adieu

Avec l'arrivée des beaux jours, la chanson de Raphaël "Adieu Haïti" apparaît comme la bande son idéale pour accompagner la chaleur ambiante (et l'apéro), avec cette pointe d'exotisme torride qui nous transporte immédiatement sur la plage du bout du monde. "Adieu Haïti" sera le tube de l'été 2008, un vrai bon tube de l'été enivrant, dans la tradition des mélancolies salement estivales de "L'été indien" et de "J'ai demandé à la lune", quand la noirceur moite de l'âme sort de son hibernation.

http://fr.youtube.com/watch?v=zfa93BoRMTM

Posté par batailleseb à 09:39 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

C'est pas ma faute à moi

Dans son nouveau clip, Alizée arbore une nouvelle coupe de cheveux, un peu rétro, façon actrice américaine des années 60, pour mieux coller avec le titre de la chanson Fifty-sixty. Après tout, elle n’est pas à une redondance près : pour la pochette de son dernier album « Psychédélices », elle pose au milieu d’un décor kitch  (psyché ?) et son double mange un gros gâteau (délices ?).

Bon, musicalement, les deux singles sortis sont de purs naufrages artistiques où rien ne fonctionne, et la tentative de relancer l’objet avec un nouveau clip où la chanteuse apparaît avec une nouvelle tête semble bien vaine. On imagine déjà les interviews : « Je me suis trouvée aujourd’hui, cette coupe correspond à la femme épanouie que je suis devenue, j’ai changé, je me sens mieux dans mon corps et dans ma tête ».

Alala, au moins, l’échec commercial de « Psychédélices » trouvera là une vraie explication pendant les réunions-bilan de la maison de disques en présence du responsable marketing, du manager et du coiffeur :  l’album n’a pas marché à cause de la coupe de cheveux. On fera mieux la prochaine fois, on demandera à Nicola Sirkis d’écrire les textes et de concevoir une mèche porteuse.

Posté par batailleseb à 09:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »