Au rayon cd

Notes personnelles

08 novembre 2009

Chronique album Benjamin Biolay pour Bakchich

Benjamin Biolay sort un bijou double, «La  Superbe", à ranger à côté de « Histoire de Melody Nelson », pour faire «La Superbe Histoire de Melody Nelson"

Il y a des grandes gueules comme Jean-Louis Murat qui sortent de bons disques et il y a des petites gueules qui sortent des disques géniaux. Ce double, «La Superbe", est une œuvre d’Art, un chef d’œuvre (avec pourtant Jeanne Cherhal dedans, je vous raconte pas l’exploit), la gélatine gonflée du négatif de la vie poétisée. L’esprit de Philippe Léotard n’est pas loin. C’est bien simple, cet album est LE seul actuellement qui vaille d’être écouté si on veut comprendre ce que c’est que d’être vivant : un carrefour de vibrations mélancoliques, de bords de mer échoués dans nos affects, des cuivres tragiques, des arrangements cinématographiques (le long plan séquence textuel de « Brandt Rhapsody » - correspondance d’un couple, de la naissance du désir à la fin de la relation, noyée dans les habitudes du quotidien -, sublime et paralysant).

Benjamin Biolay a bâti le triptyque d’une vie d’artiste avec ses albums « A l’origine », « Trash yéyé » et «La Superbe". Et il a une fois encore enregistré une chanson parfaite : « Night shop ». Qui a dit que la perfection, cette chose non subventionnée, n’existait pas ?

Heureusement, « La superbe » existe maintenant. Voilà ce qui restera de la chanson française quand elle sera élaguée de tout le purin contemporain - ce purin d’idéaux où tout fabrique des sots comme dirait Murat -, long travail que seul le temps peut effectuer. 

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 Quelle aventure, « La superbe » ! Disque à l’intelligence des sens, des mots, des climats, des mélodies, « 15 août », « 15 septembre », la boucle conceptuelle est bouclée, le Beau est en boîte. Biolay peut mourir (« le plus tard possible » selon l’expression consacrée de Thierry Roland). Grâce à lui, Johnny c’est fini, la mafia des bons sentiments qui gangrène ce petit monde de la chanson française vient de se prendre le coup de boule qu’elle mérite. On le sait, les politiques ne démissionnent pas en France, quels que soient les faits qui leurs sont reprochés. Cette arrogance aussi gangrène le pays. Et les autres chanteurs, que vont-ils faire maintenant que ce disque est sorti ? Vont-ils avoir le courage de démissionner ? De se retirer, de nous foutre la paix, de laisser l’espace radiophonique et télévisuel à Biolay, qu’on respire enfin, comme semble nous y inviter le visuel de l’album. D’ailleurs, que voit-on sur cette pochette : le grand soir sur la morne plaine ensablée (si si, regardez bien). Suivez le guide Biolay, on y est presque !

Posté par batailleseb à 15:47 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

  • Chronique céleste !

    Posté par katy, 12 novembre 2009 à 12:17

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