18 mai 2008
Fabuleusement décalée ?
Voici une nouvelle chronique consacrée à l'album "Bain de minuit au paradis", le deuxième de mon groupe TOILHEROÏNE, disponible à la FNAC de Lille et de Reims cette semaine :
http://www.zicazic.com/zicazine/index.php?option=content&task=view&id=5362&Itemid=62
14 mai 2008
Au théâtre ce soir
Comme un vieux con, j’ai été voir le film de Scorsese sur les Rolling Stones, Shine a light. Huit euros pour voir un concert filmé et étrange des papys du rock : le parterre des spectateurs du Beacon Theatre de New York est composé de jeunes filles, comme à un concert de Raphaël, le son est horriblement fort et Mick Jagger ne chante aucune ballade, aucun morceau lent.
Depuis combien de temps les Rolling Stones n’ont-ils plus mis les pieds dans une salle de cinéma ? Pourquoi avoir choisi une option rythmique dynamique de bout en bout comme s’il y avait une volonté de voir les foules se lever dans les salles de cinéma ? Et pourquoi cette désagréable impression de voir Mick Jagger se tortiller comme dans les années 60 uniquement pour tenir éveillés les spectateurs ? Résultat, ce choix produit l’effet inverse, rendant l’ensemble assommant. Le morceau de blues avec Buddy Guy vaut à lui seul le déplacement mais pourquoi ne pas avoir glissé un petit « Fool to cry » ? L’exercice du concert filmé devait imposer l’intrusion de perles noires du répertoire pour révéler la face sombre du groupe. Seize caméras sur un drame c’est plus émouvant que n’importe quelle « Satisfaction ». Espérons qu’ils s’en rendront compte pour nous fournir une suite : Shine a dark.
Scorsese aurait mieux fait de filmer les vacances de Keith Richards à l’ombre des cocotiers, le résultat eût été peut-être plus intéressant.
11 mai 2008
Le blues des fans de Johnny
Depuis quelques jours, un fait troublant m’est apparu : alors que je prenais une bière sur une terrasse, un fan de Johnny (trop facile à reconnaître les fans de Johnny, ils portent tous un tee-shirt Johnny) est arrivé sur sa moto (pas une Harley), est descendu prendre un paquet de cigarettes, et est reparti, le regard bleu acier fendant le ciel azuré. Bien sûr, il avait l’air harassé et tirait la gueule comme si un paparazzi traînait dans les parages, comme tous les fans de Johnny. Bon. Hier, je promène ma petite famille dans un parc, et que vois-je : le même fan de Johnny ! Non, en fait c’était un autre mais ils se ressemblent tous parce qu’ils ont le même tee-shirt Johnny.
Et là, une évidence troublante m’est apparue, après avoir croisé ce transfert à l’effigie de Johnny : le type portait un tee-shirt datant des années 70 (période "Ma gueule"), comme celui croisé quelques jours plus tôt. Voilà donc les premiers signes significatifs de la baisse de pouvoir d’achat sur la population : les fans de Johnny n’ont plus les moyens de s’acheter des nouveaux tee-shirts Johnny. Le président du pouvoir d’achat ne doit pas oublier que Johnny est son ami, et que par conséquent les fans de Johnny sont aussi ses amis. Il cherche la bagarre ou quoi ? Imagine-t-on porter, dans les rangs des militants de l’UMP, des tee-shirts à l’effigie de Sarkozy datant des années 70 ? Impossible, il était trop petit (arf arf). Hé bien il serait temps qu’ils se rendent compte enfin des dégâts de la situation, concrètement, au-delà des effets de manchette médiatiques.
Si les fans de Johnny sont les premières victimes de cette baisse significative du pouvoir d’achat, les fans de Tokio Hotel doivent comprendre qu’ils ne sont pas à l’abri (en même temps, eux n’ont pas d’autre choix que de porter des tee-shirts récents mais gare à la prochaine récession).
10 mai 2008
Trainspotting ?
Voici la première chronique qui est tombée sur l'album "Bain de minuit au paradis". Âmes sensibles s'abstenir :
http://www.lillelanuit.com/fiche_chronique/Bain_de_minuit_au_paradis-233.html
Adieu
Avec l'arrivée des beaux jours, la chanson de Raphaël "Adieu Haïti" apparaît comme la bande son idéale pour accompagner la chaleur ambiante (et l'apéro), avec cette pointe d'exotisme torride qui nous transporte immédiatement sur la plage du bout du monde. "Adieu Haïti" sera le tube de l'été 2008, un vrai bon tube de l'été enivrant, dans la tradition des mélancolies salement estivales de "L'été indien" et de "J'ai demandé à la lune", quand la noirceur moite de l'âme sort de son hibernation.
http://fr.youtube.com/watch?v=zfa93BoRMTM
07 mai 2008
C'est pas ma faute à moi
Dans son nouveau clip, Alizée arbore une nouvelle coupe de cheveux, un peu rétro, façon actrice américaine des années 60, pour mieux coller avec le titre de la chanson Fifty-sixty. Après tout, elle n’est pas à une redondance près : pour la pochette de son dernier album « Psychédélices », elle pose au milieu d’un décor kitch (psyché ?) et son double mange un gros gâteau (délices ?).
Bon, musicalement, les deux singles sortis sont de purs naufrages artistiques où rien ne fonctionne, et la tentative de relancer l’objet avec un nouveau clip où la chanteuse apparaît avec une nouvelle tête semble bien vaine. On imagine déjà les interviews : « Je me suis trouvée aujourd’hui, cette coupe correspond à la femme épanouie que je suis devenue, j’ai changé, je me sens mieux dans mon corps et dans ma tête ».
Alala, au moins, l’échec commercial de « Psychédélices » trouvera là une vraie explication pendant les réunions-bilan de la maison de disques en présence du responsable marketing, du manager et du coiffeur : l’album n’a pas marché à cause de la coupe de cheveux. On fera mieux la prochaine fois, on demandera à Nicola Sirkis d’écrire les textes et de concevoir une mèche porteuse.
05 mai 2008
Pochette promo TOILHEROÏNE (2)
Puisque cette rubrique fait l'unanimité, voici le visuel un temps envisagé pour un pressage promo de "Angeline", morceau également extrait de l'album :
Pochette promo TOILHEROÏNE
Voici deux visuels que nous avions envisagés pour un éventuel pressage promo du titre "Dans mon pays" qui figure sur le nouvel album de TOILHEROÏNE Bain de minuit au paradis. Le projet a été abandonné.
02 mai 2008
Fonctionnaire !
C’est quoi cette nouvelle manie lancée par les footballeurs d’annoncer systématiquement sa retraite publiquement ? Cet ultime moyen de se faire un coup de pub est entré dans les mœurs. Dès qu’un footballeur arrête sa carrière (traduire on ne veut plus de lui nulle part), on y a droit partout. L’intérêt m’échappe mais bon, s’il n’y avait que ça.
Pour la musique, je pensais que les types étaient animés par une passion indéfectible, que rien ne pouvait arrêter (qu’est devenu le slogan soixante-huitard « je voudrais mourir sur scène » ?). Je sais, Brel avait annoncé sa retraite. Cela ne concernait que la scène, il a continué à enregistrer après ses mythiques adieux (parisiens) à l’Olympia. Tout comme Henri Salvador qui projetait de poursuivre les enregistrements après être monté sur scène trois mois avant sa mort à 90 ans. Mais Phil Collins, qui vient d’annoncer qu’il n’enregistrera plus et qu’il ne mettra plus jamais les pieds sur scène, n’a que 57 ans. Imagine-t-on Robert Wyatt prendre sa retraite ? Ou Louis Bertignac ? Ou Carla Bruni ?
Quand on pense à des types comme John Lee Hooker, qui ont chanté et enregistré jusqu’au dernier souffle (à 84 ans) ou James Brown (à 73 ans), ou encore Léo Ferré (à 77 ans), l’annonce de Phil Collins fait rigoler et l’on se demande quelles étaient les motivations d’un tel artiste lorsqu’il était en activité (se frotter à la Muse de la création ou faire semblant ?). En même temps, il était acteur, il a donc bien joué son rôle de musicien passionné (souvenons-nous du passage de Genesis interprétant « Mama » chez Drucker au début des années 80, ça avait plus de gueule que les Cure en tutus). D’une certaine façon, les fans doivent se sentir floués par ce genre d’annonce. Imagine-t-on Francis Lalanne faire subir ça à ses fans ? Non, inconcevable.
La sensibilité ne se tarit pas avec l’âge, si on en est équipé. Etonnant donc de voir des « créateurs artistiques » décréter la fin de la quête du Beau à 50 ans et quelques. Peut-être Phil Collins estime-t-il avoir accompli cette quête. Maintenant, après cette genèse longue de plus de trente ans, on attend la sortie dans les librairies de l’évangile selon Saint-Phil.
29 avril 2008
Saga à fric ah !
Un article de Marianne évoque cette semaine le concert du 14 juillet 2007 au Champ-de-Mars. Le hasard fait bien les choses, puisque nous étions en plein dedans il y a quelques jours avec l'ami Polnareff qui, finalement, n'était pas la deuxième mais la troisième roue du carrosse :
"Alors qu'il s'était engagé sans retenue aux côtés de Ségolène Royal durant la campagne présidentielle, Yannick Noah a reçu quelques semaines plus tard un appel de l'Elysée qui lui a proposé d'assurer le concert en plein air du 14 Juillet, au Champ-de-Mars, à Paris. La présidence de la République lui a proposé beaucoup d'argent. Noah a fait monter les enchères. Elles ont doublé. Le chanteur a relancé "pour voir jusqu'où ils pouvaient aller". L'Elysée a suivi. Jusqu'à lui faire miroiter une somme que le chanteur a qualifiée d' "indécente". Quatre cent mille euros ! Fervent antisarkozyste, Noah a, bien sûr, décliné l'offre. Pour le plus grand bonheur de Michel Polnareff qui l'a suppléé et a pu souhaiter "bonne chance à monsieur le Président" au soir de la fête nationale devant des dizaines de milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs. Pour un cachet de quel montant ? La star sur le retour comme l'Elysée restent fort discrets sur le sujet. Seule certitude : l'infrastructure mise en place pour le show a coûté 300 000 euros. Une misère que le Château a tenté de faire payer à la Mairie de Paris. Mais Bertrand Delanoë a refusé de signer le chèque. Au total, la soirée aura coûté la bagatelle de 1,2 millions d'euros".



